Les violations répétées de la Charte des Nations unies, en particulier dans le cas de la RDC agressée par son voisin, le Rwanda, à travers la rébellion de l’AFC/M23, affectent le multilatéralisme, alimentent une crise de confiance à l’égard des institutions internationales et affaiblissent la confiance entre les États, a-t-elle relevé avant de préciser : « Pays affecté par les conflits armés, la République démocratique du Congo demeure profondément attachée à la promotion de la paix et de la sécurité internationale fondée sur le respect de l'état de droit international ».
Pour Jocelyne Kabengele, 80 ans après l'adoption de la Charte, le Conseil de sécurité est appelé à une réflexion lucide sur les progrès réalisés, mais aussi sur les défis persistants en matière de respect de l'État de droit entre les nations, L'érosion progressive de ce socle normatif fragilise le multilatéralisme et alimente une crise de confiance à l'égard des institutions internationales.
La Représentante permanente adjointe de la RDC auprès de l’ONU a en outre expliqué que l’État de droit international constitue la pierre angulaire du système multilatéral et repose sur le respect de la Charte des Nations unies, l’observation de bonne foi des obligations internationales, ainsi que sur le renforcement des trois piliers de l’Organisation : la paix et la sécurité internationales, les droits de l’homme et le développement.
Les principes consacrés par la Charte, notamment le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et l'interdiction du recours à la force, continuent d'être mis à rude épreuve dans plusieurs régions du monde, a-t-elle souligné. Et de prévenir: « Ces violations récurrentes compromettent la crédibilité de l'ordre juridique international et affaiblissent la confiance entre les États. À cet égard, la situation sécuritaire persistante à l'est de la République démocratique du Congo illustre les défis auxquels fait face le système multilatéral lorsque les principes fondamentaux de la Charte ne sont pas pleinement respectés. »
Pour la RDC, 80 ans après, a déploré Jocelyne Kabengele, les résultats sur le terrain demeurent en deçà des attentes. Ce qui rappelle l’importance de l’application effective des décisions du Conseil de sécurité, notamment celles appelant au respect strict de l’intégrité territoriale. Malgré l'engagement de mon pays dans des mécanismes régionaux de règlement pacifique des différends, sous l'égide de l'Union africaine et conformément au chapitre 8 de la Charte, les résultats sur le terrain demeurent en deçà des attentes ».
Cette réalité rappelle l'importance de l'application effective des décisions du Conseil de sécurité, notamment celles appelant au respect strict de l'intégrité territoriale et à la cessation de toute présence militaire étrangère non consentie. Le multilatéralisme traverse aujourd'hui une phase de fragilisation marquée par la recrudescence des conflits armés, la montée de l'unilatéralisme et les effets des crises globales", a-t-elle noté.
Boni Tsala
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