Kinshasa : Le CAFCO sensibilise les femmes de la société civile et des médias sur l’appropriation des agendas 1325 et 2250 de l’ONU

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Le Cadre de Concertation de la Femme Congolaise (CAFCO), en collaboration avec le Global Network for Women Peace Builders (GNWP) a organisé, le samedi 06 décembre 2025, à Gombe, au nord de la capitale congolaise, un atelier d’échanges autour des agendas 1325 : Femmes, paix et sécurité et 2250 : Jeunesse, paix et sécurité, en guise de leur appropriation et mise en œuvre en RDC.

Grâce Lula, Directrice exécutive du CAFCO, a rappelé à cette occasion que cette rencontre s’inscrivait dans la continuité d’un projet lancé en octobre dernier visant à renforcer le leadership local autour de ces deux résolutions. Pour elle, l’appropriation communautaire est la clé de l’efficacité du plan d’action national : « Tant que les femmes à la base, ne connaissent pas la résolution 1325, elles ne pourront jamais être pleinement appliquées. Il est temps que les communautés comprennent que la paix n’est pas une affaire d’élites, mais une responsabilité collective. »

Grâce Lula a insisté à cet effet sur la nécessité d’intégrer les femmes et les jeunes dans les mécanismes de paix, d’autant que les récents processus de négociation restent encore largement fermés. « Nous ne pouvons plus accepter que les femmes soient reléguées au rôle d’observatrices. Elles doivent participer, influencer, décider. La paix durable ne peut se construire sans elles », a déclaré Grace Lula. 

Intervenant en ligne, Annie Matundu a dressé un bilan des 25 ans de la Résolution 1325, appelant à intensifier le plaidoyer pour garantir la participation active des femmes dans tous les espaces de décision liés à la paix. La Coordinatrice du Secrétariat de l’Économie nationale de la Résolution 2250, Anna Kitoga, a quant à elle mis l’accent sur l’importance d’articuler les deux agendas dans le contexte actuel de la RDC.  « La résolution 2250 reconnaît la jeunesse comme acteur majeur de la consolidation de la paix. Pourtant, leur participation effective reste encore limitée. », a-t-elle déclaré. 

Elle a en outre rappelé que la résolution, adoptée en 2015 par le Conseil de sécurité de l’ONU, vise à intégrer les jeunes dans les processus de gouvernance, de négociation et de maintien de la paix. « Nous sommes encore en plein plaidoyer pour que la jeunesse soit réellement impliquée. », a-t-elle ajouté. Toutefois, Anna Kitoga s’est montrée optimiste quant aux progrès attendus.

L’atelier a, en plus, abordé les enjeux juridiques relatifs à la protection des femmes et à leur participation politique. À ce sujet, Pacifique Nkuzi a fait le rappel des objectifs centraux de la Résolution 1325 sur la protection des femmes en période de conflit, la participation aux processus de paix et l’intégration de la perspective de genre dans les opérations de maintien de la paix. Soulignant la nécessité de procéder aux réformes en lien avec les listes électorales alternées, les quotas, l’accès équitable à la justice électorale et la sanction des violences politiques.

Au terme des échanges, les participants ont été appelés à renforcer le plaidoyer pour garantir l’implication pleine et entière des femmes et des jeunes dans les mécanismes de paix et les instances décisionnelles, conformément à la Constitution, à la loi 15/013 et aux résolutions 1325 et 2250. Notons que cette activité a réuni les acteurs de la société civile, jeunes leaders, universitaires et professionnels des médias.

Gisèle Tshijuka


08-Décembre-2025

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