RDC : Le gouvernement mise sur le fer, nouveau pilier de croissance sur l’échiquier industriel mondial
La République démocratique du Congo pourrait bien être à un tournant décisif de son histoire minière. En présentant le projet Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a ouvert un nouveau chapitre stratégique pour un pays longtemps identifié presque exclusivement au cuivre et au cobalt.
L’initiative vise à faire du fer un nouveau pilier de croissance, capable de repositionner la RDC sur l’échiquier industriel mondial. Au cœur du projet se trouvent des réserves de minerai de fer évaluées entre 15 et 20 milliards de tonnes, avec une teneur particulièrement élevée dépassant les standards internationaux. Un potentiel exceptionnel, jusqu’ici sous-exploité, que les autorités entendent désormais valoriser de manière structurée. MIFOR ne se limite pas à extraire la ressource : il ambitionne d’en faire un levier de transformation économique à long terme.
La première phase prévoit une production annuelle de 50 millions de tonnes, avec une montée progressive pouvant atteindre 300 millions de tonnes. Cette échelle place le projet dans la catégorie des grands bassins ferrifères mondiaux. Pour soutenir ces volumes, un vaste dispositif industriel et logistique est envisagé, combinant infrastructures ferroviaires lourdes, transport fluvial sur le fleuve Congo et débouché stratégique vers le port en eaux profondes de Banana.
Sur le plan financier, les projections donnent la mesure de l’enjeu. L’investissement initial est estimé à près de 29 milliards de dollars, pour des revenus cumulés qui pourraient dépasser 670 milliards de dollars sur un quart de siècle. Les autorités mettent en avant un modèle capable de générer des flux financiers durables, tout en résistant aux fluctuations des marchés internationaux des matières premières.
Conscient de la complexité et de la portée du projet, Louis Watum Kabamba a obtenu la création d’une commission interministérielle chargée d’en assurer la coordination et la gouvernance. À travers MIFOR, le gouvernement affiche une ambition claire : passer d’une économie d’exportation brute à une dynamique industrielle souveraine, susceptible de renforcer la stabilité macroéconomique et de soutenir un développement territorial plus équilibré.
Gisèle Tshijuka
(GTM/DNK/Yes)
12-Janvier-2026
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