Le Potentiel : « Face à Kigali et à Washington, Kinshasa change de ton ». Revue de presse de ce jeudi 8 janvier 2026.
Les sujets dominants d’actualité exploités par les journaux parus ce jeudi à Kinshasa gravitent autour de l’accord de Washington, qui a du plomb dans l’aile par la mauvaise foi de la partie rwandaise.
Le Potentiel se fait l’écho de l’entretien accordé à France 24, par le vice-Premier ministre congolais en charge du Budget, Adolphe Muzito, discours que le confrère qualifie de plus offensifs entendus ces derniers mois au sommet de l'État congolais. En effet, note ce journal, alors que l'Est de la République démocratique du Congo reste enlisé dans une spirale de violences malgré les accords de paix signés à Washington sous médiation américaine, le ministre assume un ton de fermeté inédit, évoquant sans détour la préparation militaire du pays face au Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23.
En parallèle, il fixe des lignes rouges dans les négociations stratégiques en cours avec les États-Unis autour des minerais critiques, rejetant toute logique de pillage et revendiquant un partenariat équilibré. Entre diplomatie prudente, réarmement assumé et défense de la souveraineté économique, Kinshasa affiche une volonté de reprendre la main dans un environnement régional et international de plus en plus conflictuel, conclu Le Potentiel.
Dans le même registre, Infos27 constate qu’ « Un mois après Washington, Kigali et l’AFC/M23 persistent à torpiller la paix dans l’est ». Ce tabloïd note que sur Radio Okapi, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a durci le ton contre le Rwanda et l’AFC/M23, accusés de « vider de toute valeur » les engagements signés sous médiation américaine. « Nous sommes partis à Washington à la demande du médiateur américain », rappelle le ministre, insistant sur le fait que les États-Unis sont témoins directs des échanges, à travers le mécanisme conjoint de coordination de la sécurité et le comité de supervision prévus par l’accord.
Mais cette architecture diplomatique, aussi sophistiquée soit-elle, se heurte à une réalité brutale : la poursuite des offensives sur le terrain. Six jours après la signature, l’occupation d’Uvira a fait voler en éclats l’illusion d’un apaisement immédiat.
Pour Patrick Muyaya, souligne Infos27, il ne s’agit ni d’un dérapage ni d’une mauvaise interprétation. « Ce ne sont que des subterfuges, ce ne sont que des prétextes », tranche-t-il, visant Kigali. « Le Rwanda, le seul langage qu’il comprend, c’est le langage de la République ». Une formule qui résume l’exaspération de Kinshasa face à ce qu’il décrit comme une stratégie assumée de duplicité.
La Prospérité rapporte, pour sa part, que durant cette sortie médiatique, Patrick Muyaya a vivement dénoncé la stratégie du maintien de l’occupation rwandaise, y compris l’instauration d’un climat de terreur permanente, et a formulé un plaidoyer pressant pour ‘’une grosse pression américaine’’ sur Kigali en vue de la restauration effective de la paix, conformément aux engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
Ilenda wa Ilenda
(BTT/PKF)
08-Janvier-2026
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