Grands lacs : Devant les euro-députés, Christian Ndongala Nkunku dénonce l’attitude belliqueuse du Rwanda en RDC et tire une sonnette d’alarme sur le risque de régionalisation du conflit
De passage au parlement européen, l’ambassadeur de la République démocratique du Congo auprès de Benelux et de l’Union européenne dénonce devant les euro- députés, l’attitude belliqueuse du Rwanda en RDC et prévient sur l’embrasement de la région.
Profitant de son intervention mercredi 17 décembre au Parlement européen, à Strasbourg en France, l’ambassadeur de la République démocratique du Congo auprès de Benelux et de l’Union européenne, Christian Ndongala Nkunku a dénoncé devant les euro-députés, l’attitude belliqueuse du Rwanda en RDC et a tiré une sonnette d’alarme sur le risque de la régionalisation du conflit.
« Ce conflit risque de se régionaliser davantage, d’autant plus que des tirs ont déjà touché le Burundi, Uvira se situant à moins de 30 kilomètres de Bujumbura », a-t-il déclaré, avant d’expliquer : « Le Burundi n’a pas attaqué le Rwanda. Il a déployé ses troupes dans l’Est de la RDC dans le cadre d’un accord de coopération bilatérale en matière de défense dans le seul objectif de lutter contre la prolifération des armes et des groupes criminels, entendez une meilleure gestion des enjeux sécuritaires dans la région. »
Il a en outre précisé : « S’il y a régionalisation, ça sera le fait de la stratégie du Rwanda, qui a tendance à justifier sa politique belliciste comme une réponse aux attaques venant de l’extérieur et qui a toujours utilisé ces manœuvres pour manipuler les sentiments et s’attirer la sympathie de la communauté internationale ».
Christian Ndongala Nkunku a par ailleurs relevé : « La transparence et la vigilance de la communauté internationale s’imposent pour ne pas tomber dans le piège de l’exagération excessive du Rwanda et être surpris demain par une guerre ouverte entre ces deux pays. Il a appelé à maintenir la vigilance à tous contre cette stratégie de victimisation, laquelle a longtemps maintenu la communauté internationale dans l’inaction et l’immobilisme. »
Et d’affirmer : « Le choix de la diplomatie opéré par la République démocratique du Congo n’est ni une concession ni un signe de faiblesse. Il reflète au contraire notre sens des responsabilités et notre attachement au multilatéralisme, qui demeure pour nous la seule voie vers une paix durable dans la sous-région. Nous avons fait ce choix parce que nous croyons en l’engagement des États-Unis, facilitateur principal du processus de Washington, de l’État du Qatar, garant du processus de Doha, au soutien de l’Union européenne et de ses États membres, ainsi qu’à l’implication de l’Union africaine. »
Accusant le Rwanda de violation de l’Accord de Washington, il a souligné : « Moins de vingt-quatre heures après cette signature, les velléités expansionnistes des agresseurs ont contredit les engagements pris. Des bombardements à l’aide de drones explosifs et des avancées coordonnées ont été menés autour d’Uvira et dans la plaine de la Ruzizi. Nul ne peut concevoir qu’un accord solennel soit violé quelques jours seulement après sa signature par l’une des parties. Ces actes remettent fondamentalement en cause le processus signé à Washington.»
19-Décembre-2025
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