RDC : Bintou Keita, des adieux anticipés de la cheffe de la MONUSCO après un mandant de 4 ans
Après quatre ans à la tête de la mission onusienne en République démocratique du Congo, madame Bintou Keita s’apprête a quitté ses fonctions de manière anticipée. Elle laisse un bilan mitigé de la mission onusienne au pays de Lumumba.
Ce départ constitue l’occasion d’un premier bilan de son mandat marqué par des actions de protection civile, des alertes humanitaires, mais aussi par le poids des difficultés et de l’aggravation de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Bintou Keita a quitté Kinshasa dimanche 30 novembre 2025. La Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) affirme que son départ, initialement prévu pour février 2026, a été avancé à la fin novembre 2025. Ce départ anticipé relève d’une « décision personnelle », d’après cette mission onusienne.
Sous son mandat, la MONUSCO s’est retirée du Kasaï, du Tanganyika et du Sud-Kivu. A ce jour, la mission n’est plus présente qu’au Nord-Kivu et en Ituri. Mais ce processus de désengagement des forces onusiennes se faisaient sans compter sur la résurgence de la rébellion du M23. Le Sud-Kivu laissé il y a environ une année se retrouve en partie entre les mains des rebelles, la ville de Bukavu en particulier. Dans cette crise sécuritaire, Bintou Keita faisait partie de ceux qui pointaient directement la responsabilité du Rwanda, et le fait que la mission n’était pas conçue pour affronter une armée régulière. Une position qui lui a valu l’animosité des rebelles de l’AFC/M23 et du Rwanda.
Pour couvrir ce départ anticipé, un intérim s’organise déjà au sein de la MONUSCO. Du 1ᵉʳ au 28 décembre, c’est Bruno Lemarquis qui assurera la direction de la mission. Il est représentant spécial adjoint du secrétaire général, résident et coordonnateur humanitaire. Puis à partir du 28 décembre, ce sera Vivian van de Perre, représentante spéciale adjointe du secrétaire général pour la protection et les opérations. Mais pour le futur mandat, l’ONU n’a pas encore décidé, bien que des profils se dessinent déjà notamment celui de l’Américain David Gressly, ancien numéro deux de la mission pendant six ans.
Le départ de Bintou Keita marque la fin d’un chapitre intense pour la MONUSCO en RDC. Son mandat a été celui de la vigilance, alerte humanitaire, dénonciation des crimes, protection des civils mais aussi de la mise en lumière des échecs de la communauté internationale à mobiliser les ressources nécessaires. Si les efforts ont été fournis, notamment dans le Tanganyika au Sud-est de la RDC, l’Est de la RDC – les Kivus – reste, à ce jour, loin d’un retour à la stabilité. Le bénéfice de son engagement ne pourra être réellement jugé que dans les années à venir, si la paix durable se dessine enfin.
Dido Nsapu
01-Décembre-2025
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