RDC : Invité au Sénat, le ministre du Plan apporte des éclaircissements sur le PDL-145 Territoires

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Le ministre d'Etat, ministre du Plan et de la Coordination de l'Aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya a éclairé la Chambre haute du Parlement congolais sur l’effectivité du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T). C'était le 12 novembre 2025 au Palais du peuple en réponse à la question orale de la sénatrice Isabelle Kabamba wa Umba.

La sénatrice, Isabelle Kabamba wa Umba voulait en avoir le cœur net sur l’effectivité du contenu du projet PDL-145T en termes de réalisations faites dans la première phase du projet, territoire par territoire dans chacune des provinces concernées, des ouvrages encore en cours de construction ((écoles, centres de santé et bâtiments administratifs) ainsi que des routes rurales déjà réhabilitées ou en cours de réhabilitation par territoire au niveau de chaque province.

Le ministre d’Etat Guylain Nyembo a d’abord circonscrit le projet lui-même. Il l’a présenté, en terme de paternité comme le fruit de la vision et de la volonté politique du président Felix-Antoine Tshisekedi, consistant à doter le pays d’un outil programmatique visant à vaincre la pauvreté et les inégalités sous toutes leurs formes. "Le PDL-145 Territoires vise le développement à la base et a l’ambition de réduire « significativement la pauvreté, lutter contre les inégalités territoriales ", a déclaré le ministre du Plan.

Guylain Nyembo a aussi fait savoir qu’initialement projeté de 2021 à 2023, le programme a débuté effectivement en 2023. De ce fait, l’année de sa clôture a été reculée à décembre 2027. Cette première édition s’articule autour de quatre composantes, à savoir :

Améliorer l’accès des populations des territoires ruraux aux infrastructures et services socioéconomiques de base :

Construction et équipement de 1198 écoles primaires ;

Construction et équipement de 787 centres de santé ;
Construction et équipement de 145 bâtiments administratifs des territoires ;
Construction et équipement de 636 bâtiments administratifs des secteurs ; Réhabilitation de 40 479 km de routes de desserte agricole stabilisées ;  
Construction de 444 ouvrages d’arts ;
Construction de 3071 forages avec pompes intégrées ;
Installation de 418 mini centrales solaires ; Construction et équipement de 1450 logements des autorités locales ;
Construction de 238 marchés modernes ;
Installation de 471 km des lampadaires ;

Aménagement de 447 sources d’eau.

Promouvoir le développement des économies rurales et des chaines de valeur locales :

Distributions de 500 000 tonnes d’intrants et semences aux producteurs locaux ;
Structurations de 500 000 ménages par filière agricole ;

Fourniture de 4 340 équipements de production, traitement et transformation. Renforcer les capacités de gestion du développement local, à travers le développement des capacités techniques, organisationnelles, institutionnelles et communautaires pour une bonne gestion du développement local et la pérennisation des acquis. Développer un système d’information géoréférencé de suivi susceptible de renseigner sur les progrès du programme, afin de garantir un meilleur suivi et évaluation des progrès du PDL-145T à temps quasi réel.

Le coût de cette première édition a été initialement évalué à 1,660 milliards USD ventilé comme suit :

Pour les coûts des travaux des ouvrages 1,465 milliards USD, soit 88% ;
Pour les coûts des études préalables, supervision, surveillance et contrôle des travaux 75 millions USD, soit 4,5% ;
Pour les frais de gestion des Agences d’Exécution 108 millions USD, soit 6,5% ;
Pour les charges de coordination du programme 14 millions USD de coût total des travaux, soit 1,0%.

Lors de l’élaboration du PDL-145T, plusieurs risques ont été identifiés, parmi lesquels figurent notamment le détournement des fonds alloués au programme ainsi que l’inachèvement des ouvrages prévus. Afin de limiter ces risques, le Gouvernement a confié la mise en œuvre du programme à trois Agences d’Exécution, à savoir : (i) le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ; (ii) le Bureau Central de Coordination (BCeCo) ; et (iii) la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États Fragiles (CFEF).

Ce choix stratégique repose également sur la volonté d’assurer une gestion rigoureuse et transparente du programme. Il s’agit notamment de déléguer la gestion fiduciaire et comptable, la passation des marchés publics ainsi que l’exécution des contrats à des entités dotées de l’expertise nécessaire et jouissant d’une autonomie opérationnelle. Ces agences ont, par ailleurs, l’obligation de rendre compte régulièrement au Gouvernement, à travers la production de rapports trimestriels détaillant l’exécution physique et financière du programme, ainsi que par la conduite de la mission de suivi et de contrôle sur le terrain auprès des différents prestataires.

Les zones d’intervention sur les 145 territoires ont été réparties en parfait accord entre les agences d’exécution et le Gouvernement à travers le Ministère du Plan de la manière ci-après :

(i) 54 territoires dans 9 provinces pour le PNUD (Bas-Uélé, Kasaï, Maniema, Mongala, Sankuru, Sud-Kivu, Tanganyika, Tshopo, Tshuapa) ;
(ii) 48 territoires dans 9 provinces pour le BCeCo (Haut-Katanga, Haut-Lomami, Haut-Uélé, Ituri, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Lomami, Lualaba, Nord-Kivu);
(iii) 43 territoires dans 7 provinces pour la CFEF (Equateur, Kongo Central, Kwango, Kwilu, Mai-Ndombé, Nord-Ubangi, Sud-Ubangi).

Ainsi, les Agences d’Exécution du Programme (AEP) sont notamment chargées de la sélection et de la contractualisation des entreprises, fournisseurs et autres prestataires en vue de la réalisation des travaux et services prévus dans le cadre du PDL-145T. Ce processus s’effectue de manière compétitive, conformément aux procédures de passation des marchés en vigueur.

À cet effet, le BCeCo et la CFEF s’alignent strictement sur les dispositions de la Loi n°10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics, tandis que le PNUD applique ses propres règles internes en matière de passation des marchés, en conformité avec les standards internationaux de transparence et d’efficacité.

Gisèle Tshijuka


(GTM/DN/PKF)


15-Novembre-2025

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