Ituri : À Komanda, l’armée, la MONUSCO et la police renforcent des patrouilles mixtes après le dernier massacre des civils

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Depuis le massacre de plus de 40 civils dans l’agglomération de Komanda, en province de l’Ituri, les FARDC, les casques bleus de la MONUSCO et la Police nationale congolaise (PNC) mènent des patrouilles jour et nuit pour renforcer la sécurité des civils.

Ces patrouilles circulent dans plusieurs quartiers de Komanda, notamment à Zungukuka, quartier victime des dernières attaques des terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion ougandaise au départ mais qui a fait allégeance à l’Etat islamique. A côté de ces patrouilles mixtes, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) continuent de mener des opérations conjointes dans la zone dans l’idée de retrouver les assaillants qui ont endeuillé l’agglomération le 27 juillet dernier. 

Des efforts salués par le président du Conseil territorial de la jeunesse d’Irumu, Jacques Anayeyi. Ce dernier a également déploré une instrumentalisation politique de la situation en Ituri. D’après Radio Okapi, Jacques Anayeyi accuse certains acteurs politiques de manipuler une frange de la jeunesse pour alimenter l’hostilité contre la MONUSCO, mettant ainsi en danger la cohésion sécuritaire. « Certains politiciens profitent de la situation pour attiser le rejet de la MONUSCO », a-t-il fait savoir sans citer des noms.

Le lundi 28 juillet, le député national Gratien Iracan – élu de l’Ituri – n’avait pas caché sa colère après le carnage, dimanche 27 juillet 2025, de 43 civils perpétré notamment dans une église catholique à Komanda par des présumés terroristes ADF. Pour cet élu, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi devrait rappeler à Kinshasa le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya. « Je réclame, au nom du peuple, le rappel immédiat du gouverneur militaire de l’Ituri pour incompétence manifeste », a-t-il écrit dans son communiqué. Gratien Iracan exige aussi la comparution devant l’Assemblée nationale des responsables militaires et sécuritaires affectés en Ituri, promettant de saisir le président de cette chambre pour la mise en place d’une commission spéciale pour entendre le gouvernement après ce massacre.

Tout en appelant à une enquête indépendante pour dégager les responsabilités, ce député national a aussi demandé au gouvernement de procéder à l’identification des familles des victimes pour procéder à leur indemnisation. Le lundi 28 juillet, dans la matinée, le même élu a appelé au départ de la MONUSCO de l’Ituri. « En tant que leader de l'Ituri, je vais bientôt, en appui avec le peuple iturien, exiger le départ de la MONUSCO pacifiquement sans aucune forme de violence, de l'Ituri. On en a assez de leur faiblesse depuis 25 ans dans ma province. Si la mission de Nations-Unies pour la stabilisation de la République démocratique du Congo ne parvient plus à protéger les civils conformément à sa mission, elle n'aura plus son sens d'être. Autant emballer ses bagages et nous laisser résister à notre manière. Une lettre sera envoyée à Bintou Keita dans ce sens. Une mission qui observe le massacre de 142 personnes et ne fait rien pour protéger les citoyens. En quoi sert-elle ? », a-t-il écrit sur son compte X.

Dido Nsapu

(DNK/Yes)


30-Juillet-2025

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