Dans cette note, l'UNPC a formulé cinq observations à la suite de la décision du CSAC, laquelle nourrit la polémique dans les réseaux sociaux, tout en émettant ses réserves sur les compétences de la régulation de son champ. Pour ce faire, cette organisation syndicale rappelle que :
1. Le champ d'exercice de toute régulation des médias est avant tout philosophique et il porte sur la liberté de la presse et d'expression comme socle;
2. Pour rester rationnelle et objective, la régulation se fait toujours à posteriori et non à priori. Une régulation à priori est une censure qui ne dit pas son nom. Les journalistes et les médias ne peuvent s'accommoder de la censure et de l'inquisition qui en résulte;
3. La régulation ne peut avoir pour rôle d'embrigader les médias pour empêcher les journalistes d'être la conscience critique de leur temps en tant qu'historiens du présent;
4. Le droit du public à l'information et la liberté de la presse sont garantis par la Constitution même si l'UNPC admet qu'en temps de guerre, des restrictions peuvent exister et elles sont compréhensibles;
5. Alors que les autorités du pays recherchent la cohésion nationale, pourquoi vouloir faire passer les médias et les journalistes comme des porteurs d'armes et munitions qui fauchent les milliers de compatriotes congolais dans l'Est du pays.
A cet effet, « l'Union invite, par la même occasion, les journalistes congolais à la retenue et à la sérénité face à cette dérive autoritaire d'une régulation solitaire. Elle les exhorte à redoubler de professionnalisme dans l'exercice de leur métier en mettant en avant l'amour de notre patrie et la défense de son intégrité territoriale surtout en temps d'agression et d'occupation d'une partie de notre territoire », écrit Kamanda Wa Kamanda Muzembe, président de l’UNPC.
Cependant, l’UNPC invite le CSAC à la lucidité et au discernement pour ne pas livrer les journalistes à la furie d’une approche maximaliste d’une régulation solitaire pour ne pas précipiter les médias et les journalistes dans un tourment qu’il ne saurait maîtriser.
Vendredi 6 juin, les députés nationaux ont exprimé au cours de la plénière de l’Assemblée nationale leur colère contre le modus operandi avec lequel cette institution d’appui à la démocratie est conduite. Et cela dans une intervention du député national Séverin Bamani, qui est également expert en communication. Ce dernier a déclaré avoir l’impression que l'actuel CSAC semble être dirigé de manière à faire plaisir « soit au gouvernement, soit au président de la République, et on s’y prend maladroitement ». Séverin Bamani a insisté en ajoutant que la régulation se fait à posteriori et non à priori, tout en rappelant le travail du CSAC, qui est celui de réguler les contenus.
De son côté, l’élu national Christian Mwando a remis en cause le rapport annuel présenté par le président du CSAC. Pour lui, le CSAC a « un discours militant » et a rappelé les missions assignées à l’institution, à savoir garantir la liberté de la presse, de l'information et de tout autre moyen de la communication, assurer la protection de la presse, veiller à l'accès équitable des partis politiques, des associations, des personnes et autres aux moyens officiels d'information et de la communication.
Gisèle Mbuyi
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